De l’ascension politique à l’épreuve du pouvoir : Mokhtar Ould Djay face au test de la réalité. - وكالة الحوض للأنباء

De l’ascension politique à l’épreuve du pouvoir : Mokhtar Ould Djay face au test de la réalité.

À son arrivée à la Primature, Mokhtar Ould Djay avait suscité un réel engouement dans une partie de l’opinion publique mauritanienne. Son discours, centré sur la relance ...
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À son arrivée à la Primature, Mokhtar Ould Djay avait suscité un réel engouement dans une partie de l’opinion publique mauritanienne. Son discours, centré sur la relance économique, l’amélioration des conditions sociales et la modernisation de l’action publique, avait nourri l’espoir d’un changement tangible après plusieurs années marquées par des difficultés économiques persistantes. Dans les milieux politiques, certains allaient jusqu’à évoquer la possibilité qu’il puisse, à terme, incarner le choix du pouvoir pour une future échéance présidentielle.

Quelques mois plus tard, l’atmosphère paraît toutefois sensiblement différente. Si le gouvernement continue de mettre en avant certains indicateurs économiques et les réformes engagées, les critiques à l’encontre du Premier ministre se sont multipliées et structurent désormais une part importante du débat public. Ces critiques se concentrent principalement autour de trois grands axes : la politique économique, la gouvernance et la gestion des services publics.

Le premier axe concerne les orientations économiques du gouvernement. Les opposants et plusieurs analystes lui reprochent d’inscrire son action dans la continuité des politiques d’ajustement structurel soutenues par le Fonds monétaire international, au risque, selon eux, de privilégier les équilibres macroéconomiques au détriment des préoccupations sociales immédiates. Ils dénoncent également une fermeté jugée insuffisante à l’égard de certains hommes d’affaires, tandis que la hausse des prix des carburants, l’augmentation du coût de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat alimentent un sentiment de frustration au sein d’une partie de la population. À leurs yeux, les statistiques positives avancées par les autorités peinent à convaincre lorsque de nombreux ménages continuent de faire face à des difficultés quotidiennes.

Le deuxième volet touche à la gouvernance et à la lutte contre la corruption. Certains observateurs estiment que les réformes institutionnelles et les mécanismes de reddition des comptes progressent à un rythme inférieur aux attentes suscitées par les discours officiels. Les adversaires politiques du Premier ministre rappellent régulièrement son parcours administratif antérieur et critiquent ce qu’ils perçoivent comme une extension de la pression fiscale, notamment à travers l’application de prélèvements sur certaines opérations de transfert d’argent effectuées par voie électronique. Dans le même temps, le développement des dispositifs de contrôle routier par caméras fait également débat : les autorités y voient un instrument destiné à améliorer la sécurité routière et à renforcer le respect du code de la route, tandis que certains citoyens et acteurs politiques considèrent que ces mesures donnent lieu à des sanctions parfois excessives ou insuffisamment justifiées.

Le troisième axe des critiques concerne les services essentiels et les projets de développement. Les détracteurs du gouvernement évoquent des retards dans l’exécution de plusieurs programmes publics, des insuffisances dans le suivi administratif et des défaillances dans les mécanismes de contrôle. Selon eux, ces difficultés affectent directement la qualité des services rendus à la population, qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé ou des infrastructures.

Dès lors, une interrogation centrale s’impose : Mokhtar Ould Djay dispose-t-il encore de la capacité politique nécessaire pour inverser la dynamique actuelle et renouer avec la confiance dont il bénéficiait au début de son mandat ? S’est-il heurté à une réalité institutionnelle, économique et sociale plus complexe qu’il ne l’avait anticipé en accédant à la tête du gouvernement ? Ou bien les équilibres de pouvoir, les contraintes administratives et les intérêts des différents centres d’influence ont-ils limité sa marge de manœuvre et freiné la mise en œuvre des réformes profondes qu’il souhaitait engager ?

L’avenir de cette expérience gouvernementale dépendra sans doute de la réponse apportée à ces questions. Car, au-delà des polémiques, des rivalités partisanes et des débats sur les réseaux sociaux, le véritable arbitre demeure le citoyen. C’est dans les marchés, les écoles, les hôpitaux et les lieux de travail que se mesurera réellement le succès ou l’échec de l’action gouvernementale. Si les réformes produisent des résultats concrets, améliorent le niveau de vie et renforcent la confiance dans les institutions, les citoyens en seront les premiers bénéficiaires. En revanche, si les promesses restent sans traduction tangible et que les blocages persistent, ce sont eux qui supporteront, une fois encore, le coût économique et social des insuffisances de l’action publique.

Ainsi, dans cette confrontation entre ambitions réformatrices, contraintes du pouvoir et attentes populaires, le citoyen mauritanien demeure à la fois l’enjeu principal et le juge ultime de ce quinquennat gouvernemental.

Ecrit par l’Ingénieur El Hadj Sidi Brahim

Voir la traduction de l’article en arabe:
https://www.elhodh.info/من-صعود-الشعبية-إلى-تصاعد-الانتقادات-ه/


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